Note de terrain n°4
Dans trois semaines, la facturation électronique entre en vigueur, et l'essentiel des publications sur le sujet se ressemblent : êtes-vous prêts pour le 1er septembre. C'est une bonne question, mais ce n'est pas celle qui nous occupe cet été avec nos clients. Celle qui nous occupe, c'est le matin du 2 septembre.
Toutes les mises en production que nous avons accompagnées nous ont appris la même chose : le jour du lancement, rien ne casse, parce que tout le monde regarde. Les vrais sujets arrivent dans les jours qui suivent, quand les volumes montent et que la réalité des données rencontre la théorie des schémas. Pour cette réforme, cela veut dire des factures fournisseurs rejetées parce qu'une entité juridique n'existe plus ou qu'un numéro d'identification est erroné, des flux qui reviennent sans que personne ne sache immédiatement pourquoi, et des équipes comptables qui découvrent qu'un taux de rejet de quelques pourcents, appliqué à des dizaines de milliers de factures, représente une pile de dossiers que personne n'a prévu de traiter.
Ce qui nous semble sous-estimé partout, c'est cette période d'hypercare : les six à huit semaines où le dispositif doit être surveillé de près, où chaque anomalie doit être triée vite pour comprendre si elle est isolée ou structurelle, et où le retard pris sur les rejets se transforme mécaniquement en retard de paiement, donc en tension fournisseurs. C'est d'ailleurs pour ces équipes en première ligne que nous avons construit nos outils d'accompagnement, parce qu'une réponse réglementaire doit arriver en minutes quand on a une pile de rejets à traiter.
Être prêt pour une échéance et être prêt pour ce qui suit sont deux préparations différentes. La seconde est celle dont personne ne parle.
La preuve avant la promesse.



